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Un peu perdu ?

fleur de vie sable[Article également paru dans le magazine HOLISTIK n°1]

 

Si seulement il existait une baguette magique pour lever tous les blocages, écarter toutes les difficultés, nous faire avancer d’un grand bond directement dans la vie dont nous rêvons… Mais elle existe cette baguette !
Seule notre notion du temps déformée et notre attachement à notre «vie» telle que nous la percevons nous retiens et nous fait souffrir.

A chaque difficulté, nous avons la possibilité de respirer profondément et de regarder ce qui se passe en nous au lieu de nous plaindre (ou d’en avoir l’impression), et ainsi de ne plus nous identifier aux émotions qui nous traversent.

Nous nous sentons perdu ? C’est normal toute transformation passe par un temps plus ou moins long de flottement, de ballottement entre deux mondes, d’hésitations, de questionnements. On sait déjà qu’on veut aller vers autre chose, mais on ne connaît encore que l’ancien et on n’arrive pas à transposer, à faire le lien, à visualiser le pont qui nous emmènera de l’autre côté.. Et pourtant, pourtant… Un regard attentif permet facilement de voir le chemin en cours, le pont nous le construisons chaque instant par nos choix et nos expériences.

Une expérience est seulement un moyen d’apprendre. Si nous luttons contre elle se représente sous une forme plus ou moins similaire. Si nous l’acceptons et voyons la leçon de vie qu’elle nous montre, nous nous relevons et continuons à avancer plus fort de cet apprentissage. Comme un enfant qui apprend à marcher ! Cela ne se fait pas en un jour mais cela se fait à chaque instant, dans une sorte de magie de la vie. Cette magie est là tout au long de notre vie même si nous l’oublions trop souvent.

Cela peut prendre du temps pour s’y reconnecter tout dépend de nos choix. Nous pouvons agir sur nos émotions, nos comportements, nos schémas de bien des façons. Ancrer certains choix en nous comme objectifs à plus ou moins long terme, peu importe si nous pensons pouvoir y arriver dans une semaine ou 10 ans, permet de garder un horizon indispensable auquel se raccrocher quand nous nous sentons perdus. «Oui je sens que je traverse une période difficile mais je sais que cela fait partie de mon apprentissage et que je vais dans telle direction». C’est aussi une balise repère que nous pouvons recalibrer de temps à autres.

Mon ancrage a longtemps été «je souhaite vivre en harmonie avec tout ce qui m’entoure». Et c’est ce vers quoi je vais, même si au début je ne comprenais pas vraiment ce que j’entendais par là. C’était un appel de mon coeur, et j’ai décidé d’y apporter ma conscience et mon énergie.

Un travail indispensable également pour avancer c’est de prendre conscience de nos habitudes : langage, intentions, gestes automatiques, regards, posture…

Pour le langage, nous utilisons énormément de mots, de phrases types, d’expressions sans même y réfléchir, sans avoir conscience de leur sens. Vous souvenez-vous de ce que signifie souhaiter «Bonne journée» à une personne ? Est-ce qu’à chaque fois que vous le formulez dans tout votre être vous souhaitez réellement une bonne journée à votre interlocuteur ? Cela n’a pas toujours été mon cas… Non pas que je souhaitais une mauvaise journée ou quoi que ce soit (même s’il m’est très certainement arrivée dans le cadre du travail par exemple d’avoir les dents un peu serrées en le disant), simplement que je n’avais pas conscience du sens des mots, c’était plutôt une formule de politesse.

A ce propos qu’est-ce que la politesse ? Quand avons nous commencé à mentir pour faire plaisir aux autres, pour ne pas «leur faire mal»…? Faisons-nous plus mal à quelqu’un en lui cachant ce que nous pensons ou en lui partageant nos ressentis ? Qu’aimerions-nous que les autres nous transmettent ? Des mensonges pour nous faire «plaisir», pour être bien vus de nous, ou leur réalité, qui ne reste de toutes façons que leur réalité, leur point de vue, l’expression de qui ils sont et de ce que nous leur reflétons sur eux-mêmes. Et du coup à qui mentons nous ? Vous trouvez que le terme «mentir» est exagéré peut-être ? Qu’est-ce qu’un mensonge ? Ou est la limite entre la vérité et le mensonge, entre la politesse et le mensonge ?

La limite entre politesse et mensonge n’existe tout simplement pas. Ce sont deux façons de modifier volontairement notre réalité, quant à l’intention derrière elle est toujours de se protéger. De quoi ? De qui ? Du regard de l’autre, de son jugement. Et si nous avons tant peur du jugement d’autrui, c’est en raison de notre si fort jugement sur nous même…

C’est souvent automatique et non contrôlé, mais ce n’en est pas moins volontaire puisque nous pouvons agir dessus. Essayez sur une journée de ne rien vous laisser passer, de regarder objectivement tout ce que vous exprimez aux autres, et à vous-même. Et décidez en conscience de changer ce qui ne vous correspond plus, ce qui n’est pas l’expression de ce que vous souhaitez être. Je suis encore surprise de tout ce que je formule qui ne correspond pas à ce que je souhaite exprimer, du décalage entre mes intentions et mes paroles… Réussir à retrouver l’harmonie entre qui nous souhaitons être, ce que nous voulons exprimer, ce que nous disons et l’intention qui est derrière est parfois un long chemin. Mais ça en vaut la peine !

Il en va de même pour les schémas corporels et tous les moyens d’expressions que nous avons à notre disposition (une très grande majorité de notre communication est «non verbale»). J’avais très souvent les bras croisés jusqu’à en apprendre un peu sur la signification des postures et des schémas corporels. J’ai d’abord lu avec scepticisme, oublié un temps, ça m’est revenu par un autre biais et j’ai commencé à observer chez moi d’abord et ensuite chez les autres. J’ai été obligée de reconnaître que je me «refermais» physiquement (croisement devant moi des bras et des jambes selon ma position et le contexte) dès que je me sentais «sur la défensive». Pourquoi ? Généralement parce que les propos de la personne en face remettaient en cause certaines de mes croyances. Le plus impressionnant est qu’en décroisant alors volontairement les bras cela ouvrait mon esprit et me permettait d’être à l’écoute plutôt que en réaction.

Expérience très enrichissante, et aujourd’hui quand je sens mes bras se rabattre devant moi je regarde toujours ce qui en est la cause à l’intérieur de moi. Souvent je vais même jusqu’à le formuler puisque tout ceci se sent entre deux personnes : si je passe en mode «défensive», que ce soit visible (bras croisés) ou non (parce que j’ai appris à maîtriser ma posture), ce sera très clairement perçu inconsciemment en face de moi, et l’attitude en sera automatiquement modifiée.

Donc exprimer «ce que j’entends fait réagir quelque chose en moi, je le vois à mon comportement et je n’ai plus la même écoute» permet de sortir du schéma action-réaction sans fin et de repartir sur une base saine. Il est sûr que plus les 2 interlocuteurs sont dans une démarche de discussion consciente plus c’est simple, mais c’est tout aussi possible avec n’importe qui, j’ai testé ! Il faut juste accepter de regarder tout ce qui remonte en nous et de l’accueillir…

2 comments

  1. Pascale

    Merci Pénélope pour tous ces merveilleux conseils!

    Je ressens bien ce « décalage entre mes intentions et mes paroles », pour moi ce serait plutôt bonnes intentions mais paroles inappropriées…j’ai beaucoup de mal avec les formules de politesse que je déteste (tout comme le mensonge), et sans être impolie aucunement, je ne ménage pas mes interlocuteurs! l’excès de franchise me joue des tours…mais impossible de me retenir.

    Certains disent que le naturel est une qualité, d’autres un défaut, qu’en penser?

  2. DomiLuce

    Merci, Pénélope ! Ce message « réveille » absolument beaucoup de choses et je suis à fond dedans en ce moment. J’ai découvert votre site par le biais de celui de Brigitte-Ouella et j’en suis bien contente. Je reviendrai !

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