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Trois années pour se découvrir

dessin femme arbre
Il y eut d’abord une bonne année de maturation, sans changement flagrant. Ensuite de nombreuses lectures, discussions, échanges, tests. Nous voici trois ans ans plus tard. Bilan et partages regroupés à partir des articles initialement publiés sur Terra Eco

Quand je prends le temps de me poser quelques instants, en général quand quelqu’un m’interroge sur mon parcours et mon mode de vie, j’ouvre les yeux sur deux années de « petits changements » du quotidien… Mis bout à bout, je commence enfin à être plus en accord avec ma conscience et à me sentir vivante.

Les réactions que j’ai entendu le plus souvent tournent autour de « oh j’aimerais faire comme toi mais je n’y arriverais pas », « quel beau chemin, bravo », « c’est impressionnant, quel courage », « c’est si dur aujourd’hui d’être cohérent sur tous les plans »… Ça me laisse généralement perplexe, puisque moi je vois surtout ce que je voudrais encore changer, mes doutes, mes blocages, mes difficultés… Il faut dire qu’issue d’une génération « tout jetable » et encouragée de toutes part à la surconsommation, j’avais à la base une énorme marge de progression.

Bref à force d’entendre dire que je devrais partager tout cela, j’ai profité de l’opportunité donnée par Terra eco pour tenter de résumer les éléments clés de ces changements.

 

Pour l’historique des prises de conscience, je pense que cela nécessiterait un article à part entière, voire même un livre, je vais donc essayer de centrer cet article sur les évolutions réalisées (ou en cours) et leurs résultats. Chaque évolution s’est toujours imposée comme une évidence au moment de franchir le pas. Et après coup la seule chose qu’il me reste ressemble toujours à « mais pourquoi je ne faisais pas comme ça avant ? »

 

  • Le plus simple 

Avoir toujours un sac réutilisable à portée de main. Dans mon sac, dans ma voiture, chez moi, j’en ai acheté quelques-uns au fur et à mesure des besoins et à présent je n’utilise plus jamais – sauf rare exception – de sac jetable, surtout en plastique.

 

  • Le plus économique :

Remplacer tous les produits ménagers qui me semblaient auparavant si efficaces et me décapaient désagréablement le système respiratoire et les mains par du savon noir et du vinaigre d’alcool. J’y ai gagné en efficacité, en confort d’utilisation, en espace, et bien sûr financièrement (moins de 10 euros le pot de savon noir mou en magasin bio, il me dure facilement un an ou plus et je nettoie tout avec, du sol aux surfaces diverses en passant par le lessivage des murs, j’ai même testé en lessive et c’était pas mal).

 

  • Le moins évident à trouver :

Une gourde. Pourquoi je classe cela en « pas évident » ? Parce que j’en ai d’abord eu une en plastique, certes sans BPA, mais je n’étais pas convaincue. Quant à celles en métal, impossible pour moi, j’ai besoin de voir ce que je bois, entre autres multiples raisons. J’ai fini par en trouver une en verre, avec son étui protecteur, j’en suis absolument ravie et tout le monde me demande où je l’ai trouvée… Clairement plus saine que le plastique, incroyablement facile d’entretien, elle ne me quitte plus. Prochain objectif, investir dans un bon système de filtration (sans système de cartouches qui à mon sens sont une aberration écologique).

 

  • Le plus global :

Changer mes habitudes de consommation (consomm’action pouvons-nous même dire !) en prenant en compte le cycle de vie de ce que j’utilise. Cela a commencé par le recyclage des bouteilles en plastique et du carton (pas toujours gagné dans certaines villes !), en passant par la diminution des achats suremballés, jusqu’à un projet de compostage (pas encore abouti mais incontournable dans mon esprit)… L’idée étant de toujours garder en tête que ce que je mets dans une poubelle ne disparaît pas dans la nature comme par magie. J’ai petit à petit combattu cette habitude bien ancrée de faire l’autruche (« je ne vois pas donc ça n’existe pas »), et ouvert peu à peu les yeux sur les conséquences dérivant de la façon de produire ce que j’achète (alimentation, vêtements, biens « technologiques », loisirs ou n’importe quoi d’autre) :

Impact écologique, pesticides/pollution, ressources énergétiques, conditions d’extraction des matériaux… Je vous raconterai peut-être un jour le casse-tête quand j’ai dû changer il y a peu mon téléphone portable.

Aspect éthique, comment accepter de faire faire par d’autres êtres humains ce que je trouverais inacceptable si cela concernait des personnes proches ??- Les conditions de travail, la rémunération, la liberté et le bien-être de la personne… Que chaque être vivant soit traité avec respect et équité, au coin de la rue comme au bout du monde, me semble vraiment un minimum dont nous sommes malheureusement loin.

Conséquences sur la santé, directes et indirectes, là aussi cela mériterait d’être développé un jour…

 

  • Le plus épanouissant :

Au fur et à mesure de mes changements de vie, de mes lectures, de mes rencontres et de mes expérimentations, j’ai aussi commencé à changer ma façon de voir l’alimentation.

Réfléchir sur « d’où vient ce que je mange », de la distance parcourue par les aliments à la façon dont ils sont produits, dans tous les sens du terme,

Regarder de plus en plus puis systématiquement les étiquettes, il y a de quoi devenir schizophrène quand on commence à regarder de près ce que l’on nous fait avaler !

Transiter vers le bio, jusqu’à arriver entre autres à la Ruche qui dit Oui (j’ai (re ?)découvert les saisons, le goût des aliments, le plaisir de croquer dans un fruit ou un légume bien mûr fraîchement cueilli !),

Réaliser que « je suis ce que je mange », puisque toutes les cellules qui me composent se créent en continue à partir de ce dont je me nourris.

Découvrir que je n’étais pas « obligée » de tuer (indirectement certes) d’autres êtres vivants pour moi-même vivre en bonne santé – bien au contraire… Je suis donc devenue végétarienne. Impact écologique gigantesque me suis-je rendue compte ensuite. Economique également… Et côté santé cela a aussi été intéressant. D’autres évolutions ont suivi, décrites notamment dans cet article

 

  • Les plus intimes :

Je n’ai pas utilisé un tampon ni une serviette hygiénique depuis plusieurs années, grâce à la fameuse « MoonCup », complétée pendant un temps selon les circonstances par des serviettes lavables (les miennes étaient de marque Plim, dont j’apprécie en outre la démarche). Le tout est vraiment plus confortable à l’usage, plus sain, évidemment plus écologique et économique… J’ai aussi arrêté d’acheter crèmes hydratantes et autres produits cosmétiques coûteux et au bénéfice à long terme un peu douteux au regard de la composition… D’une manière progressive mais généralisée, j’ai tout simplement arrêté de faire confiance aux industriels et aux publicités, et me suis ainsi réapproprié mon corps.

Une fois prise l’habitude de systématiquement lire les étiquettes, vient le moment où l’on se demande dans quelle limite on accepte les produits « bof bof » ou « inconnus » sur sa peau, surtout quand on comprend que tout ce que l’on met sur sa peau passe au final dans le sang… A quoi bon faire attention à ce que l’on avale si par ailleurs on se gave de produits chimiques via la peau ?

Après un passage par du savon 100% « naturel » (type pain de savon d’alep ou de marseille) qui m’avait déjà permis de supprimer une bonne partie de l’emballage (bah oui c’est recyclable mais bon, le recyclage ce n’est pas non plus anodin en terme de ressources et de pollution, et idem pour la production du flacon !), j’ai carrément osé le test ultime après qu’on m’en ait parlé cet été : ne me laver qu’avec… de l’eau ! Toilette de chat tous les jours là où il y a besoin (selon alimentation et mode de vie), douche quand j’en ressens le besoin ou l’envie, et gommage au gant kailash une fois par mois environ. Au début autant dire que je vérifiais systématiquement auprès de mes amis et personnes que je croisais (de façon plus ou moins anodine et ouverte selon les cas) si côté odeurs ça allait, mais j’ai pu vérifier sur la durée qu’il n’y avait pas de problème, aucune différence notable par rapport à avant. En parallèle, j’ai supprimé toute crème et produit « hydratant »… J’ai fait une transition d’une année environ via des produits là aussi 100% naturels (vers la fin de la transition je ne mettais plus que de l’huile, au début plutôt orienté Weleda, puis finalement des simples huiles de noisette, d’amande douce, d’avocat ou même d’olive…), et puis finalement plus rien. Ou presque, car j’ai découvert au passage les vertus de… Tenez-vous bien, moi ça a sérieusement bloqué la première fois qu’on m’en a parlé : l’urinothérapie. Je ne détaille pas, il y a de multiples sites très bien fait sur la question, quand vous serez prêts jetez-y un œil cela en vaut la peine. Au final depuis ces changements je n’ai jamais eu la peau aussi douce de toute ma vie d’adulte, et quand je m’égratigne ça se répare en un clin d’oeil. Outre l’autonomie que cela apporte, les économies évidentes, et la suppression d’un pôle de génération de déchets plus ou moins conséquent, j’ai pu me rendre compte à quel point on se crée des faux besoins sur la base de fausses croyances… Et au passage je me suis rendue compte à quel point l’eau telle qu’elle coule du robinet agresse la peau tout comme les produits qu’on nous vend. Et ça marche aussi étendu aux cheveux…

J’ai aussi commencé à ne plus supporter la pression du soutien-gorge, et j’ai testé si je pouvais faire sans. Surprise, ce que j’avais lu s’est révélé exact chez moi : en un mois ma poitrine s’est nettement redressée, aucun problème même quand j’ai besoin de courir ou autre (pour situer je faisais du 95B/C selon les marques, sûrement plus maintenant ;) ), ma posture s’en est vue améliorée, les douleurs que je sentais parfois ont disparu, et à vrai dire, moi qui n’avais jamais particulièrement aimé ma poitrine je n’ai plus de problème de ce côté non plus, je l’ai redécouverte… Et cela m’a pas mal fait réfléchir à la vision que j’avais de la femme et de la féminité, qui était clairement déformée par l’image qu’en donne la société

 

  •  Le plus dans l’air du temps :

Se mettre à la consommation collaborative… J’ai testé le covoiturage (avec ma voiture ou avec celles d’autres personnes), le couchsurfing (chez d’autres personnes, n’ayant pas la place d’accueillir moi-même pour l’instant), et d’autres formes de partage et d’échanges… J’en garde à chaque fois d’excellents souvenirs, j’ai souvent gardé contact avec les autres « partageurs », côté financier bien sûr c’est intéressant, mais je ne m’attendais pas à ce que le côté humain soit si enrichissant. Comment remettre les pieds dans un hôtel impersonnel après de telles expériences ? Et dans les projets de côté, participer au mouvement des Incroyables Comestibles, tellement en accord avec mes valeurs et mes espoirs, et en développant une approche de permaculture…

Les conséquences directes de tout cela : je me suis beaucoup ouverte aux autres, à la vie, à l’écoute de « ma petite voix ». Je m’accepte mieux, comme je suis, cherchant toujours à m’améliorer intérieurement mais plus pour « faire plaisir à quelqu’un » (ou pour suivre le courant d’une société dans laquelle je ne me retrouve pas),seulement parce que c’est cohérent pour moi, parce que je me sens guidée sur ce chemin… Et donc ça se fait tout seul, de plus en plus dans la joie et la simplicité de vivre vraiment ma vie. Je fais en sorte de retransmettre au fur et à mesure que je reçois, de partager connaissances et savoir-faire. Je me rends compte chaque jour que le modèle actuel de la société dans laquelle je vis n’est pas encore optimum pour cela, mais j’ai confiance cela évolue vite et c’est beau à voir !

 

  • Les petits plus si évidents :

Je n’ai plus de téléviseur depuis le début de cette évolution globale, et je suis effarée quand j’ai à nouveau l’occasion d’y jeter un œil… Certes il existe des « programmes de qualité », mais impossible d’échapper à la publicité qui est un vrai lavage de cerveau sans que l’on réalise à quel point quand cela fait partie du quotidien.

Fort logiquement, j’ai changé de banque… Après pas mal de recherches j’ai opté pour un compte NEF au Crédit Coopératif avec une carte « Agir ». A présent, outre le côté coopératif, je sais que lorsque j’ai de l’argent de côté il ne sert pas à financer des projets avec lesquels je ne suis pas en accord mais uniquement des projets environnementaux, sociaux, culturels, éthiques, solidaires…

Au final…

Je pourrais résumer cet article par « je fais ma part » (enfin j’essaye !), à l’image du Colibris qui a inspiré le nom du mouvement autour de Pierre Rabhi. Décroissante ? Probablement. Utopiste ? Assurément. Quand je prends du recul pour regarder le monde dans lequel nous vivons cela m’effraye, je me demande souvent comment nous avons pu en arriver là… Heureusement les initiatives se multiplient et se développent, ce qui laisse espérer une évolution à terme vers un monde plus harmonieux. Les étapes pour y aller dépendent en partie de nous, et c’est là-dessus qu’il me semble important de se concentrer (le reste ne dépendant pas de nous, inutile alors de perdre notre précieuse énergie dessus).

Il y aurait encore beaucoup à dire et pas mal à détailler, mais voyons déjà si vous avez lu jusqu’ici avant d’en rajouter.

Je suis en chemin, je ne sais pas où cela me mènera, mais je sais que je ne reviendrais pour rien au monde en arrière. Et par dessus tout si cela peut aider d’autres personnes à évoluer et trouver leur propre chemin, alors j’aime l’idée de partager tout cela.

Les nombreux commentaires qui ont suivi la parution de l’article initial m’ont confirmé que nous sommes nombreux à évoluer plus ou moins dans le silence, et que la transition est vraiment, vraiment en marche…

Mon évolution est ce qu’elle est en fonction de mes possibilités du moment et du contexte dans lequel je vis,

et je considère qu’il me reste encore un énorme chemin à parcourir pour arriver par exemple à une certaine ’neutralité’ de mon impact sur cette Terre (c’est mon souhait personnel, puisque nous n’avons ’qu’une seule planète’), ainsi qu’à un meilleur respect de la vie sous toutes ses formes (y compris celui de mon propre corps !)Je remarque cela étant avec le temps que quelles qu’aient pu être les motivations de départ, les difficultés et les questionnements sur le chemin, les ’bénéfices’ ont fini par l’emporter haut la main sur la durée. En clair, ma vie a réellement changé, et ce bien au-delà de ce que j’aurais même pu concevoir il y a 3 ans, 1 an, ou même au moment de la rédaction de ce premier article… Tout étant lié, chaque évolution me permet de faire un peu moins l’autruche et me fait me sentir plus en accord avec moi-même. Au fur et à mesure que les changements précédents s’intègrent cela me permet et me pousse à changer la chose suivante avec laquelle je ne vivais pas en plein accord, à remettre encore plus de choses en question, des choses de plus en plus profondes aussi.

En y regardant de plus près, depuis 2010 je ne fais rien de moins que complètement désapprendre tout ce que j’ai appris pendant 30 ans, et ainsi recréer peu à peu tout mon système de croyances sur de nouvelles bases plus personnelles, plus saines, plus utiles.

En clair, je reçois régulièrement des infos nouvelles remettant en cause une croyance plus ou moins profondément ancrée (via une discussion ou une lecture souvent, cela peut être sur n’importe quel sujet, alimentation, hygiène, santé, mode de vie, relationnel…). Je regarde d’abord avec mon instinct si ça me parle ou non à ce moment-là (parfois non et cela revient alors plus tard), puis je cherche d’autres sources pour comparer, recouper, vérifier cette info et en parallèle si cela me parle suffisamment fort je teste, j’expérimente, je mets à l’épreuve de mon propre vécu. Aprèsje digère le tout et peux ainsi voir à quel point cela remplace avantageusement l’ancienne croyance qui n’était là que faute de mieux, parce que l’on me l’avait entrée en tête sans me poser la question. (D’où à mon sens l’intérêt gigantesque des pédagogies « alternatives » – Montessori, Freinet, Steiner… – trop rares encore en France, où l’on apprend notamment aux enfants à apprendre par eux-même au lieu de leur imposer des savoirs que nous croyons universels). Dans certains cas ça passe tout seul et le renouvellement se fait vite et facilement, dans d’autres c’est plus long et presque laborieux, tant les racines de l’ancienne croyance sont profondes et entremêlées, et tant cela remet de choses en question…

Et j’ajouterais pour ceux qui se sentent un peu déprimés ou découragés quand ils regardent autour d’eux et voient le nombre de personnes qui ’s’en foutent’ que :

  • nous aussi à un moment ou un autre, sur un de ces points ou sur d’autres, nous avons probablement agit ’en nous en foutant’ (du moins vu de l’extérieur, tout comme nous pouvons seulement l’observer chez les autres n’étant pas dans leur tête ni dans leur conscience).
  • il faut aussi ajouter la magie de l’effet miroir, ce qui nous dérange à l’extérieur est souvent lié à quelque chose que nous avons nous même à travailler ! :)
  • quand ces personnes nous voient agir ’différemment’ (et en plus rayonner parce que de plus en plus en accord avec nous-même), cela sème une graine qui peut-être donnera de beaux fruits prochainement. Tout ce que nous pouvons faire est de semer ces graines, comme elles ont a un moment été semées chez nous… Le reste ne dépend pas de nous et c’est bien comme cela ! Ainsi à mon avis pas besoin d’essayer de convaincre ou de ’montrer’ ce qu’il ’faut’ faire, la meilleure façon de donner envie à quelqu’un d’évoluer est d’évoluer soi-même, dans l’amour et le respect (je ne sais pas si mes amis valideront ces lignes, ayant moi-même souvent cherché à convaincre avant de comprendre que c’est une perte d’énergie pour tout le monde, à l’inverse du partage et de l’écoute…)

Continuons sur les questions du sens de la vie et la spiritualité :

Oui, cela fait partie des changements qui ont découlé de certaines prises de conscience, et réciproquement. Cela a été une lente évolution dont je n’avais aucune conscience sur le moment…

Outre les lectures et les rencontres, parmi les éléments qui ont participé à ce chemin je peux identifier aujourd’hui principalement en me retournant sur mes pas, plus ou moins en ordre chronologique :

  • quelques années de psychothérapie d’influence Jungienne
  • deux ruptures amoureuses particulièrement marquantes,
  • un an de Qi Qong,
  • le décès de ma mère,
  • un voyage en Inde,
  • des déménagements me plaçant hors de tout contexte connu,
  • un an de ’Yoga & Méditation’,
  • une dépression.
  • Il y a sûrement eu d’autres éléments importants, mais dans les grandes lignes je crois que tout le reste découle plus ou moins de ces fondamentaux – alternance de chocs plus ou moins violents et d’apprentissages nécessaires pour moi -, qui m’ont permis de découvrir peu à peu mes capacités, ma place dans le monde, d’apprendre à vivre ’ici et maintenant’, de dépasser un nombre incalculable de peurs, et tant d’autres choses que seule l’expérience peut apporter et qui seront acquis forcément différemment par 2 personnes (par essence différentes, car uniques).

L’une des plus grandes évolutions en moi suite à tout cela est peut-être que je n’attends plus ’que les circonstances’ soient meilleures ou plus adaptées.

La mort de ma mère a remis brutalement et profondément en cause mon sens de la vie, et il m’a fallu du temps pour remonter la pente. Moi qui avais acquis au fil des ans une certaine certitude du « il n’y a rien après la mort », j’ai découvert à quel point je me trompais. Il m’a fallu encore plus de temps pour l’admettre et intégrer cette nouvelle donne. Quand certains événements surviennent on réalise à quel point rien n’a ’d’importance’ dans l’absolu, tout ce que nous croyons indispensable, urgent, important n’est en fait que croyances, suppositions, déductions fondées sur d’autres croyances. On court après ce que l’on croit être la vie au lieu de la vivre simplement.

La vie m’a offert des occasions de réaliser à quel point ces croyances sont des prisons. Dorées souvent, mais des prisons quand même. La liberté que je découvre chaque jour me fait encore parfois peur tant cela va à l’encontre de ce que nous ’enseigne’ la société. Mon ego se débat encore pour retrouver ses anciens repères, mais là aussi pour rien au monde je ne reviendrais en arrière.

Quelques liens utiles : 

(n’hésitez pas à me signaler tout lien ne fonctionnant plus ou vos partages les plus marquants !)

Pour agir :

  • Serviettes lavables (celles que j’ai choisies, il en existe d’autres et l’on trouve facilement des indications pour les faire soi-même) :http://www.plim.fr

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Pour prendre conscience et réfléchir sur nos choix et leurs conséquences :

  • Les excellentes vidéos « The story of stuff » et « The story of change » (existent sous-titrées en français) : http://www.storyofstuff.org
  • Le site No Impact Project (en anglais), dans la continuité du livre « No Impact Man » de Colin Beavan (un new-yorkais retraçant son expérience d’une année passée – en famille – à tenter de se passer de tout dérivé du pétrole) : http://noimpactproject.org/