»

Alimentation et évolution

[Article initialement publié sur le blog que je tiens sur Terra Eco]
arbre-energie
Nous voici le 31 décembre 2013. Deux ans déjà que je suis « officiellement » végétarienne. Pourquoi « officiellement » ? Parce que la transition s’était faite en douceur et en progression sur une grande période, et que le 31 décembre 2011 j’avais décidé de mettre un mot sur ce que je vivais à l’occasion de l’envoi de mes voeux de fin d’année avec pour premières raisons : faciliter ma vie sociale et dépasser ma peur du regard des autres.

En deux ans qu’ai-je appris ?

J’ai découvert plus de choses sur l’alimentation, le fonctionnement du corps, l’immunité, la digestion, les besoins physiques et émotionnels, et tant d’autres choses que durant toute ma vie antérieure. J’ai découvert que si j’ose affirmer qui je suis et ce qui est important et juste pour moi, non seulement tout se met en place pour m’encourager à continuer, tout devient plus simple, et les belles conséquences sont nombreuses !

Déjà le fait d’avoir « signalé » lors de mes voeux le fait que je devenais végétarienne… Je m’attendais un peu – ah, habitudes du passé et influences des lectures – à des remarques pas forcément agréables ou au moins intérrogatives. J’ai reçu nombre d’encouragements, de félicitations, et de « tu es courageuse ça fait longtemps que je voudrais mais pour l’instant je ne me suis pas lancée »… Moi courageuse ?? Je ne fais que suivre « ma petite voix », mon guide intérieur, mon instinct… Je ne me suis jamais posé la question des raisons, c’était une évidence comme évolution et c’était relativement simple, bien qu’ayant un passé très « carnivore » avec toutes les croyances qui vont avec (je demande humblement pardon aux personnes à qui j’ai retransmis mon ignorance en leur disant qu’il fallait manger de la viande rouge pour ne pas être carencé…).

Bref première étape : ma perception du regard des autres a tout d’un coup basculé. Comme si on me disait : oui tu as le droit d’être toi-même, avec un mode de vie différent, nous sommes quand même pareil(le)s et nous t’aimons encore plus puisque tu vas vers ce que tu sens bon pour toi… Whaaaaa. Ca commençait bien !! :)

Ensuite, la santé. Aucun doute, elle s’est améliorée.

Il faut reconnaître que – en schématisant un peu mais pas tant que ça – passer d’une alimentation en majorité viande-féculents et quelques légumes trop cuits et assaissonnés achetés sans joie en grande surface, sans avoir idée de la façon dont le corps peut bien se débrouiller pour en faire quelque chose, à une majorité de fruits et légumes les plus frais et gouteux possibles, peu cuisinés tellement les saveurs et couleurs mettaient en joie dans l’assiette en étant juste crus ou passés rapidement à la vapeur (vive la marguerite, ce petit ustensile qui transforme n’importe quelle casserole en faiseuse de vapeur), avec juste quelques herbes pour ajouter un petit plus et ravir l’odorat autant que la vue et les papilles… Mais je m’égare.

Il faut donc se rendre à l’évidence, quand on commence à se documenter un peu sur le fonctionnement du corps humain c’était logique que ma santé s’en voit améliorée. Je me souviens de mes premières analyses de sang après ma transition (bah oui « on » m’avait fait quand même suffisamment peur pour que je me dise qu’il y avait des risques à changer ainsi une alimentation « comme tout le monde » à une alimentation « d’un autre monde » et que je cherche confirmation à l’extérieur), où les seules cases en gras (pour attirer l’attention sur un chiffre en dehors de la fourchette « normale ») étaient l’urée qui était particulièrement basse et je ne sais plus quoi, l’infirmère m’ayant expliqué que c’était d’excellentes analyses !C’était du coup la première fois ou je me suis interrogée sur la pertinence des « normes », si quand on est bien en-dessous, en fait ça peut être « encore mieux »…

Forcément il n’y a pas que mon alimentation qui a changé, un changement en entrainant un autre et encore un autre. Mais ce n’est pas le sujet ici ;)

Je pourrais continuer longtemps sur les changements « simplement » liés à cette simple transition alimentaire, plus de sérénité, moins de stress, sensation d’être plus en accord avec moi-même et avec ce qui m’entoure, meilleur contact avec la nature, moins de peur, plus de lucidité, moins d’odeurs corporelles désagréables, une peau plus belle, une humeur plus joyeuse…

Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de remises en question.

Forcément quand on est « la première » à changer une habitude si ancrée dans un environnement amical, social et familial, ça génère beaucoup de questions – et aussi de peurs – dans l’entourage. Qui les exprime ou non selon les personnalités, mais qu’on ressent dans tous les cas. Donc cela pousse à se documenter encore plus, à comprendre encore plus profondément pourquoi on a franchi ce cap, pourquoi c’est simple pour certains et pas pour d’autres, pourquoi on se sent mieux et pourquoi ça fait si peur à beaucoup… Une fois compris que la majorité de ces questions trouvent leur réponse dans ce que l’on pourrait appeler « une dérive de la société d’après-guerre » (ou plus largement « une expérimentation de notre coupure avec notre partie divine »), et que se faire confiance et expérimenter soi-même reste la meilleure option, ça simplifie.

Et après ? Et bien après, toute la vie est transformée.

Conformément à ce que l’on nomme « la loi d’attraction », on rencontre des personnes qui nous ressemblent et participent à la poursuite de notre apprentissage (depuis que je « change de vie » je rencontre énormément de personnes dans ce cas aussi, dans des contextes pourtant similaires à ce que je vivais avant et pourtant sans les rencontrer, et depuis que je suis végétarienne je peux garantir que, sans aucune reflexion préalable, dans un groupe de personnes c’est avec les végétariens que la conversation s’ouvrira naturellement et facilement, même si l’on ne découvre que bien plus tard ce « point commun »). J’ai aussi rencontré « l’homme de ma vie », mon âme soeur, mon amour, celui avec qui j’évolue au quotidien, qui me fait le plus parfait des effets miroir, qui m’a ouvert son coeur comme je lui ai ouvert le mien, et aux côtés de qui je souhaite faire le plus long chemin qui soit.

Tout cela s’arrête-t-il là ? Bien sûr que non, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Une fois qu’on se sent guidée, pas possible de lâcher le fil…

A force d’en apprendre sur le fonctionnement du corps, j’ai découvert une autre vision de l’évolution humaine et de nos besoins en tant qu’espèce.

D’abord avec incrédulité puis avec perplexité et enfin avec la confiance de celle qui a retourné et testé le sujet dans tous les sens possibles et imaginables, j’ai accepté cette notion si opposée à mes croyances précédantes : l’être humain est par nature frugivore. Je ne vais pas détailler ici (j’ajouterai en bas de ce texte quelques liens qui donnent de la matière pour réfléchir et se faire sa propre idée, comme quelques bases pour celles et ceux qui sont prêts à expérimenter), en revanche je peux décrire certains « effets » du changement alimentaire chez moi : d’abord un gros nettoyage du corps (un peu comme un rhume sans avoir eu froid par exemple), puis amélioration et disparition progressive de toutes les maladies et autres désordres accumulés au fil des années : rhinites, allergies, asthme, bronchites sur-infectées, boutons, problèmes digestifs, ballonnements, intestin irritable, psoriasis, angines, sciatique et autres douleurs au dos, mycoses, infections urinaires, vergetures, variations de poids, coups de soleil très rapides, retention d’eau et jambes gonflées, courbatures… Dans mon cas le nettoyage prend du temps, il faut dire que j’en avais accumulé des toxines dans le corps avec tout ce que j’ai ingurgité depuis l’enfance comme produits animaux, médicaments, pesticides, stress, composés chimiques des cosmétiques et autres produits « d’hygiène » comme « d’entretien ».

Je pourrais faire long sur tout les problèmes que je n’ai plus, mais je n’ai plus envie de m’attarder sur ce qui est passé ! :) Ainsi en parallèle, le corps fonctionne mieux, la peau devient visiblement plus belle et lumineuse, on est moins sensible aux changements extérieurs que ce soit de météo ou d’environnement disons « microbien » (même les piqures de moustiques ou les bleus sont moins sensibles et disparaissent plus vite !), la vitalité augmente, les pensées sont plus claires (à tel point qu’il est facile de dire en lisant mes différents articles ceux qui ont été écrits en mode « cru » !!), les sens s’affinent, les émotions passent plus facilement sans qu’on s’y identifie (enfin ça dépend du stade du nettoyage ;) ), l’instinct et la connexion avec le « guide intérieur » augmente, l’envie d’aller vers les autres, de partager, d’aider comme on le peut s’amplifie…

J’ai commencé le changement vers une alimentation « vivante », cru, physiologique comme on pourrait dire il y a environ 1 an et demi. J’ai expérimenté différentes phases de cette transition, la facilité dans un environnement idéal comme la difficulté empêtrée dans mes émotions, la peur de me « tromper » comme la confiance absolue en mes ressentis, la joie de vivre qui augmente de jour en jour comme la déprime due à l’impression de se couper de ses racines (ah, la cuisine de la mama… et toutes ses peurs et croyances qui y sont condensées mélangées au plaisir du partage et de la transmission… C’est aussi cela qu’il faut se réapproprier, réapprivoiser dans ce nouveau chemin), j’ai vécu cela dans des groupes attentionnés comme en périodes de solitude (intérieure ou extérieure selon les cas), j’ai fait beaucoup d’aller-retours entre cru et cuit, j’ai énormément appris sur moi-même, sur notre société, sur tout ce que je vis…

Et maintenant enfin j’ai décidé de lâcher les peurs et le passé et d’avancer sereinement sur ce nouveau chemin qui s’ouvre devant moi. En acceptant au passage que c’est un chemin, et non un objectif :)

Il m’a fallu passer par beaucoup d’expérimentation à l’intérieur de mon être pour pouvoir envisager cette transformation sur le long terme. Dans mon enthousiasme initial j’avais cru cela possible après mes 2 premiers mois au cru. C’était sans compter ce que j’avais à vivre pour me confronter à mes peurs et mes émotions, l’hiver, le stress, les peurs des autres… Je croyais être prête mais il m’a fallu expérimenter encore et encore tout ce que le choix de mon mode d’alimentation impliquait en moi. Quoi de plus logique que de choisir à nouveau cette belle date du 31 décembre et ce passage vers une nouvelle année pour m’ancrer dans cette belle évolution ? :)

Le vivre à deux change tout. Mon amour est – entre autres – cuisinier. Vous imaginez la remise en question pour lui ? Et bien pourtant (bon ok il avait déjà fait le grand saut du végétarisme il y a plusieurs années..). Une fois passées les peurs premières intrinsèques à tout changement de point de vue, il a vécu lui-même les premiers changements et a décidé de continuer l’expérimentation. Il est mon soutien le plus précieux, et c’est une telle joie de cheminer ensemble en assumant nos choix, en vivant nos rêves, en découvrant d’autres modèles possibles que ce que nous avons vu et appris.

Oui c’est possible de vivre autre chose que ce que la société nous vend. Et du fond de mon coeur je peux le dire : ça en vaut la peine :)

—–

Quelques liens pour comprendre, réfléchir, essayer…  :)

  • La section « Pourquoi cru » du blog crusine-creative.com (qui a notamment l’avantage de réunir plusieurs belles vidéos sur le sujet, en plus du fait d’être le blog de mon amoureux)
  • Un très bon guide sur le frugivorisme qui fait un bon tour du sujet : Guide Alimentaire Frugivore
  • Plusieurs sites et blogs de crudivores qui partagent leur chemin, leurs découvertes, leurs conseils, leurs recettes… Il en existe une multitude aujourd’hui, ceux-là étaient les pionniers francophones qui m’ont beaucoup apporté : CrudiveganVivre CruCrusine SantéSanté Radieuse
  • LE magazine francophone de l’alimentation vivante et de l’abondance : Le Chou Brave
  • Un peu hors-sujet mais pas tant que ça puisque ça a été une des sources première de mes grandes remises en question : Le blog de Raffa